8.15.2010

Apprendre à dire au revoir (Almost famous)


Partir...Partir ça demande du courage. Il faut être prêt à ré-apprendre à vivre. Il faut être paré à s'approprier un nouvel endroit, de nouveaux visages. Et même si l'on sait qu'aucun de ces visages ne remplacera les anciens, il faut être prêt à ce que le nôtre soit remplacé pendant notre abscence. Il faut accepter que le vide créé par notre abscence devra être rempli par quelqu'un d'autre.

Pour partir il faut le vouloir, il faut y croire. Il faut avoir la foi, il faut faire confiance. Pour partir il faut avoir l'esprit d'aventure, il faut croire en la magie. Pour partir il faut se remettre en question, il faut bien faire les choses. Il faut, par-dessus tout, être prêt à faire de ce voyage celui qu'on espérait.

Il faut prendre conscience de ses forces, de ses aptitudes. Il faut être assez fort pour vivre pour soi sans avoir peur du retour.

Et pendant ce processus, on découvre souvent nos faiblesses. On découvre souvent ce à quoi l'on tient plus que tout.

Moi, j'aurais voulu pouvoir veiller encore sur vous. J'aurais voulu être votre premier choix encore. J'aurais voulu comprendre votre "inside joke". J'aurais voulu me sentir concernée par vos aventures. J'aurais voulu ne pas regretter de m'en aller. J'aurais voulu conserver mon importance à vos yeux. J'aurais voulu tout avoir : le voyage, mes rêves et vous, encore...comme avant.

Mais j'ai compris, vous savez. Quand je reviendrai, je ne serai plus la même et vous non plus. Mon coeur aura changé et les vôtres aussi. Quand je rentrerai, je n'aurai pas plus de maison. Pire encore, il se peut qu'en rentrant, j'ais perdu quelques pièces. Il se peut que j'ais du travail à faire pour regagner votre confiance, votre amitié.

Je suis loin déjà et j'ai le coeur brisé. Que sera-ce quand j'aurai quitté le pays ? Vous me manquez déjà...Et je ne suis pas encore partie...


Leaving...To leave, we need courage. We have to learn a new way of life. We have to be ready to adopt a new place, new faces. And, even if we know that those new faces will never replace old ones, we have to be ready for our own face to be replaced while we're away. We have to accept the fact that our absence is going to create a gap that someone else is gonna have to fill someway.

To leave we need to really want it, we have to believe in it. We must have faith and trust. To leave, we must develop our sense of adventure, we must believe in magic. But above all this, we have to be ready to make this trip the one we hoped for.

We have discover our strength, our skills. We have to be strong enough to live for ourselves without worrying about the moment to come home.

But during that process, we often discover our weaknesses. We discover what's really important in our lives.

Me, I wish I could still take care of you. I wish I still was your first choice. I wish I'd understand your "inside jokes". I wish I was concerned by your adventures. I wish I wouldn't regret leaving. I wish I still was as important as before. I wish I had it all : the trip, my dreams and you, still...just like before.

But I understand, you know. When I'll come back, I won't be the same, and neither will you. My heart will be a little different, and so will yours. When I'll come back, I still won't have a home. Even worst, when I'll be back, I probably will have lost some pieces along the way. I will probably have to work real hard to gain your trust again, your friendship.

I am already away and my heart is broken. What is it gonna be like when I'll leave for another country? I miss you already...and I haven't even left yet...

7.10.2010

Ma bulle (Never been kissed)

Je vis dans une bulle de temps. Ma bulle est faite de souvenirs, de sourires et de petites brèches. Mais, dans l'ensemble, elle est lisse, sans rebondissements.

Est-il possible d'être heureux toute une vie sans le savoir? Est-il possible d'attendre toute une vie, dans une bulle sans rebondissements?

C'est ce que j'ai l'impression de faire : attendre ma vie. Depuis longtemps j'ai l'impression d'avoir l'esprit pour accomplir de grandes choses et, en attendant que cela se produise, je me suis contruis un bagage. Des forces et des faiblesses qui me conviennent et qui sont à l'image de moi. Or, la question est plutôt à savoir si un jour j'ouvrirai ces valises. Si, un jour, je mettrai à profit ces acquis qui font de moi quelqu'un de solide, d'agréable, de créatif et d'aimant.

J'ai l'impression d'écrire ma vie. De la rendre plus jolie avec des mots et des sons; avec des émotions. J'ai l'impression qu'en écrivant, je force les gens à partager ce qu'ils ne veulent pas voir, mon "dark side". Or, c'est souvent tout ce qu'ils voient. L'intérieur douillet et sensible de ma bulle ne leur est toujours pas complètement accessible.

J'écoute ma vie, je la regarde passer...Du moins ce que je voudrais qu'elle soit... Des chansons dialogues avec moi: "It's a quarter after one, I'm all alone and I need you now(1)". Des films semblent être seuls à me comprendre et à me répondre: "You look good wearing my future(2)". Ce sont des voix étrangères qui me rassurent en me disant que je ne suis pas la seule à ressentir ce que je ressens. Ce sont ces mêmes voix distantes qui m'encouragent à continuer ma route dans l'espoir du baiser final.

Jusqu'à quel point suis-je responsable des limites de ma bulle ? Après tout, ce n'est qu'une bulle...Ses parroies ne sont pas infranchissables...Je ne sais plus quoi faire pour en sortir sans abandonner tout ce qu'il y a à l'intérieur et qui m'est si cher. Dois-je renoncer à ce que je suis profondément pour que les gens me croient sensible à leurs idées, à leurs émotions, à leur toucher ? Je sens tout depuis ma bulle vous savez. Je reçois quelques éclats d'espoir ici et là, de temps à autres...Et ça a l'air vraiment beau vu d'ici!

Je suis prise dans un dilemme : Renoncer à moi-même, à celle que j'ai construite au fil du temps pour sortir de ma bulle. Pour que le futur m'amène des gens capables de m'atteindre? Renoncer au passé pour le bien du futur ? Ou demeurer celle que je suis avec mes frontières savonneuses et mes questions sans réponses ? Croire encore un peu plus longtemps aux morales de romances millénaires qui me disent à tout jamais: "Attends dans ta bulle, ma douce. Un beau jour, un prince trouvera l'audace et la volonté de t'y rejoindre...Et, avec un peu de chance, il ne suffoquera pas."



I live in a bubble made of time. It's made out of souvenirs, smiles and little breaks. But, for the major part, it's smooth...No bump noticed.

Is it possible to go throughout a lifetime of happiness without even knowing? Is it possible to wait this whole lifetime inside a perfectly smooth bubble?

That's what I feel like I'm doing : waiting for my life. It's been quite a while now since I first thought about myself as a skilled person, equipped to accomplish great things. Awaiting the moment for those things to become reality, I have acquired tools, filled my luggage with strength and weaknesses that suit me. But the question remains : will I ever open those luggage so skillfully filled? Will I ever use this strength, this creativity...This love?

I feel like I'm only inventing my life. I make it prettier with words, sounds and emotions. I feel like, with my writing, I force people to see what is usually hidden beneath the surface: my dark side. Unfortunately, this is all I show them, this is all they can see. The comfortable and sensible interior of my bubble stays unreachable.

I listen to my life, I watch it go by...At least, what I want it to be...I interact with songs : "It's a quarter after one, I'm all alone and I need you now(1)". Movies are the only ones able to answer my prayers and respond to my unspoken thoughts : "You look good wearing my future(2)". Only unknown voices seem able to reassure me, to tell me that I am not the only human being feeling like I do. The same voices nurture my desire to go on and pursue the promised final kiss.

But am I responsible for my bubble's boundaries? After all, it's only a bubble! Its borders are not impassable! I don't know how to get out without leaving who I am behind. Do I have to give up my own self for others to believe me reachable? I can feel everything from inside my bubble you know. I receive particles of hope from time to time...It looks beautiful!

I am in a dilemma: Give myself up, the girl I have been building for so long, just to get out of my bubble, just to become touchable. Give up past for future's sake. Or, stay exactly who I am with my soapy borders and unanswered questions. Believe just a little bit longer to eternal romances plot lines : "Wait in your bubble, sweety. One fine day, a prince is going to have the will and boldness to join you...And hopefully, he won't suffocate."



(1)Need you now - Lady Antebellum
(2)Some kind of wonderful - John Hughes

6.14.2010

Faut bien partir de quelque part (Coyote Ugly)


You've reached Clo. An english message will follow...

Pour certain c'est une carrière, une famille, pour d'autres c'est l'amour ou des études. Il y a des milliers de possibilités pour quiconque cherche à se construire un plan de vie. Pour moi, c'était ma mère.

Pour les premiers c'est une faute professionelle, l'infertilité, pour les autres c'est l'invisibilité ou un échec. Il y a aussi des milliers de façons pour un plan de tomber à l'eau. Pour moi, ça été un décès.

Quand nos plans arrivent à une mort certaine, on n'a d'autre choix que de se trouver de nouveaux objectifs, un destin tout neuf...Pour moi ça été mon rêve d'adolescence : L.A., Californie.

Mais entre Montréal et Los Angeles il y a tout un voyage. Je propose donc, aujourd'hui, de raconter les péripéties rencontrées tout au long de ma route. J'ai déjà fait mes bagages : de l'ouverture, de l'espoir, beaucoup de rêves (j'ai toujours peur de les perdre alors j'en prend toujours trop), quelques idées de rechange et de l'audace.

Destination : California State University, Los Angeles, Californie.



For some it's a career, a family. For others it's love or an education. There are thousands of possibilities for whoever wants to plan his future. In my case, it was my mother.

For some it's professional wrong doing, infertility. For others it's being invisible or a failed exam. There also are a thousands ways for a plan to fall apart. In my case, it was death.

When all the doors have closed, we have no choice but to find new goals, a brand new destiny for ourselves...In my case, it has been my childhood dream : L.A., California.

But between Montréal and Los Angeles there's a whole journey. What I suggest here, is for me to tell the stories of all the adventures lived along the way. My bags are packed : openness of mind, hope, a lot of dreams (I am always scared to loose them so I packed a whole lot of them), some spare ideas and boldness.

Destination : California State University, Los Angeles, California.